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Formulations orales à libération prolongée
Ces formulations consistent en une dose élevée de principe actif qui sera libérée de façon graduelle et soutenue sur une longue période de temps. On peut ainsi s’assurer d’un niveau thérapeutique sanguin stable durant une période prolongée, diminuant ainsi le nombre de prises quotidiennes et favorisant l’adhésion au traitement. Par ailleurs, on réduit aussi les effets indésirables en atténuant le pic sanguin comparativement à une même dose qui serait administrée sous une forme galénique non modifiée25-27. Ainsi, la nifédipine à action prolongée (Adalat XLMD) permet d’éviter une hypotension subite et une tachycardie réflexe à la suite de l’administration26. On voit aussi une diminution de somnolence avec la carbamazépine CRMD et une réduction de nausées avec les formulations prolongées de théophylline26. Ces avantages ont contribué à une forte croissance de ces produits sur le marché. En 2001, ces formulations représentaient déjà 15 % du marché total des médicaments27. On reconnaît assez facilement ces médicaments aux abréviations qui suivent le nom tels que XL, CD, CR, LA, SR, SA, PA, XR, contin (action continue) et 12H ou 24H. Ces abréviations sont expliquées au tableau II23,28. Plusieurs termes interchangeables sont aussi utilisés pour décrire ces formulations. On peut parler de libération soutenue, étendue, contrôlée, progressive, lente (slow-release, long-action) etc. Par contre, il faut rester très vigilant, car certains noms ne contenant pas d’abréviations sont quand même des formulations à libération prolongée (tableau III)23. Voyons maintenant les différentes formulations présentes sur le marché.
Les pompes osmotiques
Ce sont en fait des petits réservoirs où le principe actif est contenu dans un noyau non digestible et recouvert d’une membrane semi-perméable. Le comprimé a une petite ouverture percée au laser. Dans le tractus gastro-intestinal, l’eau traverse la membrane par osmose, disperse le médicament et l’expulse par l’ouverture à un débit constant. Il existe plusieurs variantes de ce système dont les pompes osmotiques de types push-pullMD, L-OROSMD et OROS Tri LayerMD. Dans le système push-pull, le comprimé est composé de deux compartiments dont un seul contient le principe actif. L’eau pénètre dans le compartiment inactif par osmose (moteur osmotique). Un polymère gonfle et exerce une pression sur le compartiment contenant le médicament. Ce dernier sera donc expulsé par l’ouverture dans le comprimé et ceci à une vitesse constante (illustration figure 1). Le système L-OROS est une capsule de gélatine molle et l’OROS Tri Layer est constitué de trois compartiments, dont deux contiennent le principe actif. Une altération de la membrane d’un de ses systèmes, par section ou broyage, causerait une libération immédiate du médicament et un risque de surdosage23. Les pompes osmotiques sont utilisées dans plusieurs formulations médicamenteuses dont l’Adalat XLMD, le Ditropan XLMD, le ConcertaMD, etc. On peut voir des photos de plusieurs formulations à la figure 2.
Les systèmes matriciels
Il s’agit le plus souvent de matériaux poreux insolubles dans lesquels on disperse le principe actif. Le matériau est constitué de produits physiologiquement tolérés comme des cires (cire de carnauba) ou de substances polymères25,26. Le principe actif est emprisonné dans ce réseau poreux. Il diffuse graduellement au fur et à mesure que l’eau du système gastro-intestinal s’infiltre dans la matrice selon des caractéristiques physicochimiques prédéterminées. La section du comprimé est théoriquement possible, car on n’augmente pas de façon significative la surface de contact avec le milieu environnant. Par contre, broyer ces comprimés est contre-indiqué, car on augmente substantiellement la surface de contact ainsi que la vitesse de dissolution et d’absorption du produit actif. On peut citer plusieurs exemples de ces produits comme le MestinonMD SR, DuralithMD, ImdurMD, PhyllocontinMD, etc.23,25,26.
Certaines matrices sont aussi partiellement solubles. Dans ces cas, la libération du produit est contrôlée par la vitesse d’érosion de la matrice. Un exemple de cette formulation est le Sinemet CRMD26.
Autres formulations
D’autres formulations à libération modifiée existent sur le marché. Les comprimés multicouches (XatralMD, Claritin ExtraMD, Allerga DMD) peuvent servir à séparer des principes actifs incompatibles ou bien à utiliser des vitesses de dissolution différentes d’une couche à l’autre (illustration à la figure 3). Cette dernière formulation permet d’avoir une dose d’attaque et une dose de maintien pour le même principe actif ou une dose à effet immédiat du premier médicament, puis un effet prolongé du second principe actif21,23.
On utilise aussi d’autres techniques telles des vitesses de dissolution différentes entre les molécules complexées ou libres, entre les formes cristallines polymorphes ou encore des résines échangeuses d’ions26.
Certaines de ces formulations peuvent être sectionnées, d’autres non. On utilise le cas par cas pour déterminer ce que l’on peut ou ne peut faire avec ces formulations
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