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Modifier la dose
Ces 20 dernières années, la quantité de médicaments disponibles sur le marché a augmenté de façon exponentielle et les thérapies sont devenues de plus en plus complexes. On essaie d’individualiser les traitements, de privilégier des associations de médicaments avec des doses faibles pour diminuer l’incidence des effets indésirables. Par exemple, dans le traitement de l’hypertension artérielle, on se retrouve face à des situations où certaines faibles doses ne sont pas sur le marché, par exemple du métoprolol 12,5 mg, de l’hydrochlorothiazide (HCTZ) 6,25 mg ou du bisoprolol 2,5 mg, doses pourtant recommandées en clinique. On traite une population de plus en plus vieillissante qui souffre d’insuffisance hépatique, rénale ou d’un faible poids. Par ailleurs, plusieurs médicaments non offerts en formulation liquide seront utilisés chez la population pédiatrique. Peut-on sectionner ces comprimés sans se poser de questions ?
Même si le comprimé est sécable, on doit toujours privilégier un comprimé entier. Le fait de couper un comprimé en deux peut entraîner une répartition inégale de la dose dans les deux moitiés du comprimé11. Les principes actifs peuvent aussi se dégrader au contact de l’air, de l’humidité ou de la lumière. De plus, les comprimé sectionnés s’effritent plus facilement, du aux chocs entre eux ou sur la paroi du vial. Pour cette raison, dans la mesure du possible, on ne devrait pas couper les comprimés plusieurs jours à l’avance11,12. Si le comprimé doit être divisé, il faudra tenir compte de la taille, de la forme et de la fragilité du comprimé, car ces facteurs influent sur la précision du partage. Les comprimés allongés avec des rainures profondes sur les deux faces sont les plus faciles à couper11. Le risque est probablement minime lorsque l’on sectionne des médicaments ayant une longue demi-vie et un index thérapeutique large tels que ceux utilisés pour l’hypertension et les dyslipidémies13. Par contre, on devrait être extrêmement prudent lorsqu’on décide de diviser des comprimés contenant des principes actifs à index thérapeutique étroit (digoxine, lithium, théophylline, warfarine) ou alors il faudrait préférer une formulation liquide11. La prudence est aussi de mise lorsqu’on divise des comprimés qui sont des associations de produits, sauf si rainurés. En effet, il est difficile d’être assuré de l’homogénéité du mélange des principes actifs dans le comprimé13. Le tableau I résume les facteurs à considérer lorsqu’on décide de sectionner un comprimé. Le partage des comprimés devrait être effectué à la pharmacie, à l’aide d’un coupe-comprimé, ou par une personne habilitée à faire ces manipulations et, si possible, pas par le patient lui-même11,12. Malheureusement, on voit encore trop souvent des patients qui repartent de la pharmacie avec des comprimés non sectionnés, sans instructions et qui les divisent à la maison de manière rudimentaire et imprécise. En effet, une récente revue de documentation scientifique a trouvé des écarts de doses très importants lors du partage des comprimés, pouvant aller jusqu’à plus ou moins 50 % du poids acceptable13. |